Comment mon enfant sera-t-il évalué ? 

Il n’y a pas d’évaluation dans notre école. Il est fondamental que les parents aient la volonté de faire confiance 

à leurs enfants quand ils les inscrivent dans une école démocratique.

En tant que parents, vous devez croire au fait qu’ils apprendront 

ce dont ils ont besoin, à leur manière, quand ils le souhaiteront. 

Une fois que vous vous serez débarrassés de l’idée que l'apprentissage est mesurable, vous verrez votre enfant sous un éclairage différent et vous pourrez l'observer grandir en toute liberté.

Les membres de l’équipe ne jugent ni les élèves, ni leurs intérêts et compétences. Nous ne comparons pas les élèves entre eux et nous n’avons pas 

la prétention de connaître ce qui est mieux pour eux. 

Nous encourageons les élèves à avoir confiance en eux et à 

poursuivre leurs buts.

mon enfant va-t-il apprendre à lire, écrire, compter si rien ne l'y oblige?

Un enfant apprend à marcher et parler sans contrainte, programme ou méthode spécifique. Tout être humain a besoin de parler pour interagir avec son environnement, et dans notre environnement actuel, il en est de même pour lire, écrire et compter, compétences qui sont appelées fondamentales pour une bonne raison : on ne peut pas vivre sans. Dans les écoles démocratiques, tous les enfants sans exception apprennent à lire, écrire et compter sans recevoir d'enseignement formel de la part d'un pédagogue diplômé.

Apprentissage autonome peut-il rimer avec obtention du bac?

L'objectif de l'école démocratique n'est pas de préparer les jeunes au Bac,

et si telle est l'attente des parents, il vaut mieux choisir une autre école.

Les membres de l'école démocratique décideront d'entreprendre 

une préparation au Bac s'ils jugent que cela est utile pour leur projet professionnel.

Le Bac n'est plus une fatalité aujourd'hui, lorsque l'on sait que 

des structures récemment ouvertes ne le requièrent pas comme pré-requis,(comme l'école 42, avec 40% d'élèves n'ayant pas la Bac), 

que le travail salarié est de plus en plus fragilisé en comparaison du travail indépendant et que les entreprises s'intéressent de moins en moins aux diplômes. Elles considèrent de plus en plus l'expérience, le réseau et les 

compétences d'un candidat comme primordiales.

Par ailleurs, les statistiques tirées des 2 millions de "home-schoolers" aux États-Unis prouvent que l'autonomie apportent de meilleurs résultats scolaires (86/100 vs. 50/100 en moyenne) et de plus grandes chances de succès à l'université. Ceci, en plus de mieux développer les compétences nécessaires à la vie adulte. En effet, un jeune responsable de sa propre instruction travaille

 à son propre rythme, donc le plus efficacement possible, 

et il apprend mieux à se prendre en main et à apprendre, 

donc à être plus responsable et efficace dans la poursuite de 

ses objectifs.

j'aimerais que mon enfant prenne des cours du soir en plus d'aller à l'école...

Certaines personnes voient la valeur sociale de la pédagogie des écoles démocratiques mais pensent 

qu’elles doivent combler le “manque d’apprentissage” en donnant des cours à leur enfant. 

Si c’est vraiment le désir de l’enfant, pourquoi pas. 

Certains parents ressentent une anxiété à l’idée de n’imposer aucun apprentissage à leur enfant. 

Forcer son enfant à suivre des cours du soir ou le forcer à apprendre à lire lui enverrait deux messages opposés: que l’école sert à jouer et à rencontrer des camarades, et qu'à la maison, on apprend pour de vrai. Cela défait complètement le travail de notre école. 

Les principes de liberté d’apprendre à son rythme n'existeront plus pour cet enfant et la communauté même sera mise en péril.

et si mon enfant décide de ne pas passer de diplômes...catastrophe?

Il revient aux parents de se poser la question : êtes-vous prêts à faire confiance à

votre enfant pour prendre ses responsabilités dans sa propre vie ou faut-il le forcer à se préparer au Bac même s'il faut en venir à la carotte et au bâton?

Notre prise de position est claire : nous faisons confiance au jeune pour impulser et persévérer dans la formation dont il a besoin pour être qui il souhaite être.

Pour une majorité des jeunes des écoles démocratiques, cela passe par le Bac et le suivi d'une formation universitaire. 

Le livre The lives of Sudbury alumni (2005) est un sondage concernant ce que sont devenus les centaines d'anciens de Sudbury-Valley.  Parmi eux, 80% finissent par aller à l'université, et obtiennent habituellement leur premier choix. Il y a aussi quelques originalités comme un créateur d'une société d'informatique qui s'est consacré uniquement à la pêche 

jusqu'à ses 15 ans, un professeur de mathématiques qui n'a pas suivi de leçons de maths jusqu'à son entrée à l'université et plus récemment Laura Poitras et son oscar décerné pour Citizenfour, le documentaire sur Snowden.

comment se passe la transition si mon enfant doit retourner dans l'enseignement classique?

De manière générale, les personnes qui ont fréquenté une école primaire ou un collège indépendant passent un examen d’entrée (organisé chaque année). Les conditions d’admission en collège ou en lycée pour ces personnes – qui ne proviennent ni de l’enseignement public ni de l’enseignement privé sous contrat – sont mentionnées dans la note de service n°81-173 du 16 avril 1981 de l’Éducation Nationale. Le contenu de l’examen est arrêté par l’inspecteur d’académie et l’organisation de l’examen ainsi que la constitution du jury sont gérés par le chef d’établissement d’accueil. Ces examens se passent généralement sans difficulté et en cas de désaccord les parents peuvent faire appel.

Pour rejoindre un établissement hors contrat, c’est souvent plus simple. La plupart admettent les membres sur dossier, même si certains font quand même passer un examen d’entrée.

Dans tous les cas, les professeurs et les parents ont été surpris par les facultés d’adaptation dont ont fait preuve les élèves. Mais ce n’est pas surprenant quand on sait qu’une école démocratique demande à ses membres d’être responsables, respectueux, et autonomes. Les autres programmes où on leur dit quoi faire sont faciles à suivre, en comparaison.

Il peut y avoir des lacunes, bien sûr. Mais les lacunes sur les connaissances académiques sont bien moins importantes (et plus faciles à surmonter) que le manque de connaissance de soi et des autres. De plus, il ne faut pas oublier que l’état des connaissances change constamment.

Comment les enfants qui passent par cette école s'adaptent à la « vie réelle » faite de contraintes ?

Tout d’abord, il convient de préciser que la vie d’un enfant « libre » est tout sauf une sinécure. La nécessité de s’autogérer et de bien vivre avec l’autre implique un vrai travail sur soi, à plus forte raison lorsque l’on a été habitué à être pris en main par des adultes et à ne décider de rien.

Il faut avoir atteint un haut degré de maturité pour assumer la liberté et la responsabilité garanties par le cadre de l’école démocratique. Pour cette raison, nous considérons que cette école prépare les enfants à la « vie réelle » comme aucune autre, car elle va leur permettre de développer toutes ces méta-compétences qui leur seront indispensables pour s’épanouir dans le monde de demain : confiance en soi, aptitude à la prise d’initiative, imagination et créativité, capacité à délibérer et argumenter dans un cadre collectif, responsabilité, civisme…

pourra-t-il rejoindre l'enseignement supérieur?

Imaginons : un membre de l'école démocratique aimerait être ingénieur en biomécanique.

Il aura besoin de répondre à certains critères pour être accepté dans un programme supérieur. C’est une réalité, quel que soit le passé scolaire. Mais ce membre a appris et expérimenté ce que c’était de prendre en main sa vie et ses apprentissages. Il saura trouver et répondre à n’importe quel critère de sélection. Passer les concours en candidat libre, trouver un travail pour payer les frais de scolarité, remplir des dossiers… il se donnera les moyens d’atteindre ses buts car il sera poussé par une motivation intrinsèque plutôt que par une obligation. Si besoin, l'équipe est aussi là pour aider le membre à étudier ses différentes options. Le monde de l’éducation supérieure change rapidement et de plus en plus d’options sont disponibles. Les membres sont encouragés à chercher et poursuivre celles qui leur correspondent le mieux. Aux États-Unis par exemple, beaucoup de membres d’école démocratique choisissent le cursus classique de 4 ans en université. 80% entrent dans le premier établissement souhaité sur leur liste de vœux. Pourquoi ?

Parce que leur profil est atypique et qu’ils se démarquent des autres dossiers. Ils savent ce qu’ils veulent étudier et sont capables d’expliquer pourquoi ils choisissent un établissement plutôt qu’un autre. Ils ont une telle expérience dans l’expression de leur liberté et de leurs choix qu’ils sont mieux préparés à la vie universitaire que les autres jeunes du même âge.

Est-ce que vous fournissez les repas ? 

Pour commencer, les enfants et adolescent-e-s devront amener leur lunchbox, ou amener de quoi cuisiner eux-mêmes après discussion commune et vérification de leur expertise du matériel. Les ateliers cuisine pourront à terme évoluer vers la création de repas communs, en fonction de l’intérêt du groupe. Au même titre que toute activité, les repas sont pris par les membres quand ils ont faim. Ainsi, il n’y a pas de « pause-déjeuner » : chacun mange quand il le souhaite !

Les frais sont élevés, c'est une école réservée aux familles aisées ?

Une école hors-contrat n'est pas subventionnée par l’État. Tous les frais sont donc assumés par les familles. S'agissant d'un projet collectif associatif, la participation de parents bénévoles, l'implication de mécènes, peuvent réduire les frais de fonctionnement. Cependant, une équipe salariée minimale, des locaux adaptés et aux normes, des fournitures, les frais de gestion coûtent indubitablement. Les frais de scolarité sont calculés au plus juste pour rémunérer convenablement des professionnels de qualité et une structure adaptée à l'accueil des membres.

Quel rôle jouent les parents des membres inscrits ?

L’école démocratique garantit à ses membres l’intimité et la confidentialité, des valeurs très importantes pour que les étudiants s’y sentent en sécurité et réellement libres. Ainsi, la vie privée des étudiants est protégée, et ils sont respectés au même titre que les autres : les membres de l'équipe encadrante ne divulgueront donc aucun détail concernant leurs activités à l’école sans leur autorisation préalable.

En revanche, l'encadrant s’efforce de sensibiliser les parents au mode de fonctionnement de l’école, en organisant notamment des réunions parents-équipe encadrante régulièrement et en répondant à leurs questions au quotidien. En tant que lieu de vie ouvert sur le monde, l’École Démocratique de Brest est heureuse de multiplier les interactions avec les personnes adhérant à ses valeurs, à plus forte raison lorsqu’il s’agit des parents de ses membres.