une école démocratique, c'est quoi?

C'est une école dans laquelle les membres ont une égalité de droits et devoirs. Ce sont eux qui prennent collectivement les décisions lors des assemblées hebdomadaires appelées Conseil d'école. Le modèle dont nous nous inspirons est Sudbury, créée en 1968 et qui a essaimé dans le monde. C'est une école dans laquelle les enfants, de 3 à 20 ans, choisissent eux-mêmes leurs sujets d'études et peuvent y consacrer le temps qu'ils souhaitent.

 

Le Conseil d'école

Le Conseil d’école administre et gère la vie quotidienne de l’école. Tous les membres de l’école peuvent y participer. Chaque membre compte pour une voix. Un responsable de la parole et un responsable de l'écrit de séance assure le déroulement du conseil dans l’écoute et la bienveillance et prennent note des décisions prises.

Le Conseil d’école prend toutes les décisions concernant le collectif. Il décide notamment du règlement intérieur qui fixe le cadre d’un bien vivre ensemble. Le Conseil peut choisir de mettre en place des commissions (Finances, Communication…) de nommer des responsables (visites, utilisation des salles…) pour faciliter la gestion de l’école.

Le Conseil d’école délègue au CGI et au Cercle de paix la responsabilité de préserver des bonnes relations entre les membres de l’école et d’assurer un climat de paix, de liberté et de sécurité.

 

Le Cercle de Gestion des Infractions

Le CGI est une commission du Conseil d'école. Il statue sur les manquements aux règles définies collectivement.

Le CGI est un excellent moyen pour les membres de l’école de s’approprier et faire évoluer si besoin le règlement décidé collectivement en conseil d’école. Il permet également de s’approprier la loi, les droits de l’homme et du citoyen. Enfin, il apprend à mesurer les conséquences de chaque acte et à intégrer le sens des responsabilités.

 

Le Cercle de paix

Le Cercle de paix est une instance de dialogue à laquelle tous les membres de l’école peuvent faire appel. Il a pour rôle de transformer et réparer les conflits entre les personnes ou groupes de personnes. Il se réunit sur demande d'une ou plusieurs personnes concernées par le conflit. L’accent est mis sur un dialogue constructif où chaque protagoniste peut exprimer ses ressentis, ses besoins non satisfaits et proposer des solutions pour sortir de ce conflit de manière sereine et juste.

A quoi ressemble une journée type?

L’absence de programme a une conséquence logique : aucune journée ne ressemble à une autre !

Les membres font ce qu’ils veulent de leurs journées, et rien ne leur est imposé. Évidemment, des activités collectives peuvent être organisées sur proposition d’un ou plusieurs membres, mais seuls les enfants intéressés y participeront.

En revanche, deux institutions rythment les journées à l’école :

 

  • Le CGI, qui se réunit quotidiennement pour traiter les plaintes de membres ayant constaté des manquements au respect du règlement intérieur

  • Le Conseil d’école, se tenant une fois par semaine pour administrer la vie collective (mise à jour du règlement intérieur, recrutement de nouveaux membres, etc.)

a qui s'adresse cette école?

Tous les profils sont acceptés. Dans une école démocratique, on peut trouver : des membres brillants et très motivés qui se lancent des challenges,des membres qui ont une manière d’apprendre unique et qui ont besoin d’avancer à leur rythme, des personnes sensibles qui cherchent avant tout de la tolérance et de la compréhension, des passionnés d’exploration et de création, des personnes frustrées par l’école traditionnelle qui découvrent la liberté, des indépendants qui aiment prendre des responsabilités… et bien plus encore !

même les personnes en situation de handicap?

Fondamentalement, il n’y a qu’un seul critère d’éligibilité à l’admission au sein de l’école, pour les enfants comme pour les adultes : être capable d’assumer la liberté qui y est garantie, mais aussi et surtout la responsabilité découlant d’un fonctionnement autogéré et démocratique.

et s'il ne veut rien faire?

En fonction du nombre d’années durant lesquelles votre enfant était dans l’enseignement traditionnel, il est possible qu’il passe par une période de “déscolarisation” en arrivant dans notre école. C’est une transition nécessaire pour que l’élève se reconnecte avec lui-même.

Cela peut passer par des périodes où il souhaite ne rien faire du tout.

Puisque ce modèle est nouveau pour lui, votre enfant est susceptible de tester les adultes, pour voir si effectivement ils n’interfèrent pas dans ses choix. Tous ces comportements sont normaux. Vous devez en avoir conscience et accepter que ça fait partie du processus de transition.

Et s'il s'ennuie?

Les enfants sont traités comme des personnes à part entière. Ainsi, personne ne peut s’y arroger le droit de s’ingérer dans leur vie en leur disant quoi faire. L'équipe encadrante n’a donc pas vocation à assister un membre qui s’ennuierait en lui proposant des activités.

Par ailleurs, il est important de reconsidérer l’ennui à sa juste valeur. Dans un monde qui encourage puissamment les individus à trouver normal le fait d’être surchargé, au point de ne plus se poser la question du sens de leurs activités, il nous semble vital au contraire de réapprendre à prendre le temps. Dans cette perspective, la réflexion et la prise de recul permis par l’ennui sont un véritable trésor dont nous devons tous apprendre à profiter. Les idées les plus pertinentes naissent dans les esprits sereins et désencombrés !

n'y a-t-il aucune règles à l'école?

Si, mais elles sont élaborées et votées en Conseil d'école par l'ensemble des membres. La liberté implique des devoirs et des responsabilités. C'est au cœur du projet des écoles démocratiques. Le non-respect du savoir-vivre, des règles communes et des lois fait l'objet d'un traitement par le CGI. Cet organe traite des plaintes résultant des manquements aux règles. Le CGI se réunit tous les jours. Des demandes de réparation sont proposées et votées. Ses compte-rendus sont validés en Conseil d'école et peuvent déboucher sur une modification des règles communes lors d'une assemblée ultérieure. Une école démocratique n'est pas le lieu de la toute puissance et de l'enfant-roi. C'est celui de l'enfant responsable de lui et des autres.

Mon enfant va jouer toute la journée?

A travers le jeu, les enfants apprennent à se référer au monde adulte. Ils apprennent à se concentrer, à imaginer et à communiquer. A travers le jeu, ils développent des goûts et des aptitudes.

 Le cas des jeux vidéos : il peut être effrayant de se dire que son enfant pourra passer son temps à jouer aux jeux-vidéo s’il le souhaite. Mais vous devez garder confiance car il finira un jour ou l’autre par s’ouvrir à d’autres activités et par prendre sa vie en main. C’est ce qu’il se passe dans 100% des cas. Les écoles démocratiques laissent une pleine liberté aux membres parce qu’elles ont observé que lorsqu’on donne à quelqu’un la responsabilité de gérer son temps, il poursuit les activités dont il a le plus besoin pour son apprentissage et son développement personnel.

pas de programme? mais qu'apprend-t-il?

Ce qu'il souhaite. La valeur première dans ces écoles est la confiance inconditionnelle dans l'humain et ses capacités à apprendre en permanence de toutes les expériences. Il n'y a pas de petit apprentissage. Toute activité concoure à renforcer des apprentissages et des compétences. La curiosité naturelle des enfants et des adolescents laissés libres de leurs choix les pousse en permanence à en apprendre davantage. Les moyens d’accès à l’information et au savoir ne manquent pas ! Il pourra bien sûr s’appuyer sur les membres de l’équipe encadrant pour accéder aux informations et obtenir des réponses à ses éventuelles questions. Par ailleurs, il est tout à fait bienvenu de faire appel à des personnes ressources extérieures pouvant ponctuellement faciliter l’acquisition d’un savoir ou d’une compétence. Mais le membre reste maître de son apprentissage !

comment va-t-il apprendre les fondamentaux?

Le modèle des écoles démocratiques repose sur une conviction qui devrait être une évidence,mais que deux siècles d’école traditionnelle ont fini par faire oublier : nous sommes tous des êtres naturellement apprenants !

Entre sa naissance et l’âge de trois ans, l’enfant acquiert une quantité exceptionnelle de savoirs et de compétences. Ainsi, il apprend à marcher, à manger, à échanger et partager avec les autres…

D’ores et déjà, il s’insère dans le monde social et se dote des instruments qui lui permettront de vivre

en société, et ce sans avoir besoin ni de programme, ni de professeur, ni d’évaluation !

Au sein des écoles démocratiques, le postulat est qu’il n’y a pas de raison fondamentale que le 

processus d’apprentissage change de forme à partir de l’âge de 3 ans. 

Un enfant qui apprend à maîtriser la syntaxe et la conjugaison tout seul est tout à fait capable 

d’apprendre à lire, écrire, compter mais également à faire des mathématiques, du théâtre ou du jardinage…

sans professeur ! La vérité de l’apprentissage, c’est qu’il est nécessairement autonome et informel.

A tous les sceptiques qui ont du mal à croire à la spontanéit.é de l’apprentissage, 

nous les invitons à visionner le film documentaire Être et devenir

mon enfant ne risque-t-il pas de passer à côté d'une infinité de savoirs sans la sollicitation d'un professeur?

L’honnêteté nous oblige à le dire : les membres de l'école démocratique passeront effectivement à côté d’une infinité de savoirs…mais au même titre que tous les autres enfants !

En revanche, nous n’opérons aucune hiérarchisation des savoirs et sommes convaincus que tous les domaines de connaissance se valent. Ainsi, un enfant qui passerait ses journées à faire des mathématiques ne serait pas considéré comme plus intelligent qu’un autre qui préférerait s’adonner au jardinage ou au sport. Laisser choisir l’enfant lui permettra de se consacrer à ce qui le passionne réellement et d’acquérir une confiance en lui qui sera capitale au cours de sa vie.